Histoire


Marie-Anne Christine de Bavière, dauphine de France

Si le château de Bignicourt-sur-Saulx tel que nous le connaissons aujourd’hui date du XIXe siècle, les archives font mention d’un château plus ancien construit sous le règne de Louis XIV par Pierre Langault, trésorier de France au Bureau des Finances de Châlons. Un ancien titre décrit ce château du XVIIe siècle composé d’un corps principal flanqué de deux ailes. C’est dans la chapelle de celui-ci que le 16 mars 1680, la nouvelle dauphine de France, Marie-Anne Christine-Victoire de Bavière, entend la messe dite par Bossuet avant de reprendre la route de Châlons-sur-Marne où elle épouse le lendemain le Grand Dauphin, Louis de France.


Au XVIIIe siècle, la seigneurie de Bignicourt passe entre plusieurs mains avant d’être rachetée en 1778 par Jean-Baptiste Barbat, riche agriculteur de la paroisse voisine de Heilz l’Evêque. Surtout intéressé par les terres du domaine, Barbat laisse à l’abandon le château. Quoique délabré, le château se trouve toujours debout sous l’Empire comme en témoigne le relevé cadastral de 1806. En 1810, son fils prénommé lui aussi Jean-Baptiste décide de raser le château Langault comme on l’appelait encore et de se faire bâtir une demeure au goût du jour.


Fréquentant le milieu rémois, Jean-Baptiste Barbat a pu y rencontrer l’architecte – dont l’histoire a oublié le nom – qu’il charge de construire un château à l’architecture néoclassique alors très en vogue. Inspiré des villas vénitiennes conçues par Andrea Palladio au XVIe siècle, le château de Bignicourt-sur-Saulx dénote dans la campagne du Perthois avec son imposant portique antique. Elu maire de Bignicourt puis conseiller général de la Marne, Jean-Baptiste Barbat de Bignicourt épouse en 1818 Clémentine Andrieux, fille d’un notable de Reims qui en deviendra en 1827 le premier édile. Plusieurs générations de descendants vivront les belles années du château de Bignicourt jusqu’à ce que la dernière héritière, la comtesse Pauline de la Porte, vende le bien en viager en 1951.

 

Laissé à l’abandon durant plus d’un demi-siècle, les ruines du château sont rachetées  en 2002. S’engage alors un ambitieux projet de sauvegarde de ce patrimoine exceptionnel. Depuis son classement au titre des monuments historiques en 2005, plusieurs chantiers de restauration se succèdent au château de Bignicourt afin de permettre son ouverture au public au cours de l’année 2013.